Passions Sports 24: Portrait de Cédric Favereau

À bientôt 40 ans, Cédric Favereau s’éclate en régional, avec autant de passion et un peu plus d’expérience, à Limens JSA, où il est un joueur cadre.

 
Cédric Favereau apporte son expérience et sa solidité
à une jeune équipe de Limens JSA en régional.
© François Berterreche.
Pas de calcul, pas de triche. Juste de l’envie et du plaisir. La quarantaine approche, mais Cédric Favereau n’a pas changé sa façon de voir le football. Aujourd’hui à Limens JSA, évidemment dans une optique et avec un rôle différent de celui qu’il a pu avoir par le passé, le défenseur central est devenu le  »papa », un joueur cadre, un joueur sur qui de nombreux jeunes de l’effectif peuvent se reposer, un joueur dont les conseils sont toujours écoutés.

L’expérience et le vécu parlent pour lui. Après des débuts au Monteil, il arrive à dix ans aux Enfants de France, devenus ensuite le Bergerac Foot puis le BPFC d’aujourd’hui. Il effectue dans ce club toute sa formation. « On évoluait tous les ans en ligue, avec des coaches qui étaient des seniors de l’équipe fanion, une concurrence qui tirait vers le haut », se souvient Cédric Favereau. L’occasion pour lui de faire ses premières armes.

Une expérience solide
Et de se forger son propre style, avant d’intégrer à son tour les seniors. Il va passer au total dix-sept ans sous les couleurs bergeracoises, allant jusqu’à la CFA2. « Quelques coaches m’ont marqué, dont Benoît Tihy, qui m’a donné ma chance et m’a beaucoup fait évoluer dans mon jeu », apprécie le joueur. Le contexte change cependant, et ne se reconnaissant plus dans le club, il préfère s’en aller.
Non sans garder en mémoire, aujourd’hui encore, tout ce que ses années lui ont apporté. « Je n’avais pas de qualités immenses, je n’étais pas un leader technique, et je n’ai jamais eu de qualité de vitesse. Mais je suis un joueur de devoir, quelqu’un qui ne lâche jamais rien, et j’ai appris tactiquement aussi », résume Cédric Favereau avec beaucoup d’humilité. Ses compétences, après un passage à Pays du Dropt, c’est à Prigonrieux qu’il les met en œuvre.
Il rejoint dans ce club le coach Jean-François Maury, qu’il a connu en tant qu’éducateur à Bergerac. « Le coach m’a convaincu de signer. Il y avait un noyau solide de prigontins, et autour, il apportait chaque année une plus-value, en gardant le même état d’esprit qui a fait notre force », se rappelle-t-il. L’aventure sera belle, avec un passage de la PL jusqu’à la DH, du plus bas jusqu’au plus haut des niveaux régionaux.
L’occasion à la fois de mettre à profit ce qu’il a appris, et de continuer à progresser. « Benoît Tihy et Jean-François Maury m’ont beaucoup appris, et si un jour je devais devenir entraîneur, c’est d’eux que je m’inspirerais », ajoute Cédric Favereau. En 2016, celui-ci pense tourner la page lorsqu’il quitte le PFC en régional pour rejoindre Grignols-Villamblard, où il entraîne déjà les jeunes depuis plusieurs saisons.
« J’avais 37 ans, j’avais envie de commencer à préparer l’après-joueur, mais l’année a été compliquée sur ce poste d’entraîneur-joueur, et pour d’autres raisons à côté », soupire-t-il, avant de continuer : « J’ai fait le point, et je me suis donné deux ans pour retrouver le régional. Il y a eu quelques contacts, et j’ai pris ma chance ». Pour des raisons familiales et de proximité, il rejoint le projet de Limens JSA, club qui vient de fusionner.
Cadre d’un groupe
Les matches de prestige contre des réserves professionnelles en CFA2 avec Bergerac, les épopées avec Prigonrieux, son expérience d’un an comme entraîneur, son bagage tactique qu’il s’est forgé au fur et à mesure des saisons, pour toutes ces raisons, dans un jeune effectif de Limens JSA, il prend vite la place d’un joueur cadre. C’est d’ailleurs pour cette raison que les coaches l’ont recruté.
« On avait vu notre jeune effectif après la fusion. On savait que pour passer un cap, il nous fallait ce profil de joueur expérimenté et qui a connu le plus haut niveau. Un joueur capable d’encadrer le groupe, avec un vécu, des qualités humaines », estime Grégory Cario, co-entraîneur avec Josselin Chubilleau. Naturellement, et sans même avoir le brassard, ces qualités-là explosent aux yeux du groupe.
« Il est garant de certaines valeurs, l’exemplarité, la rigueur. Il parle beaucoup, c’est un relais pour nous. Et c’est aussi notre leader défensif, il est capable de lire le jeu, il est propre, solide dans ses duels », continue le technicien. Un portrait élogieux qui témoigne du rôle que peut avoir Cédric Favereau dans le vestiaire comme sur le terrain. Capitaine de route d’une équipe qui en a besoin pour rivaliser avec de grosses cylindrées de R3, il est incontournable.
« Si je peux encore joueur à 40 ans, c’est parce que tout ce que j’ai appris me sert. On sent mieux les coups, on compense par l’expérience tactique accumulée. J’essaie d’apporter à l’équipe ce que l’on m’a donné, dans le respect des consignes, la rigueur, le sérieux », avoue celui qui souhaite transmettre son expérience, pour un jour passer le relais. Dans six mois peut-être, au bout de l’objectif qu’il s’était fixé ?
Rien n’est décidé. « Je suis venu vivre une nouvelle expérience avec d’autres personnes ici. On a toujours à apprendre de tout le monde. Tant que j’ai l’envie je continuerai. Je vais finir la saison. On fera ensuite le bilan avec les coaches, je verrais aussi ce qu’ils en pensent. Pour l’instant, je ne me suis pas projeté », conclut-il. Si une chose est certaine, c’est que la suite de l’histoire se passera tout près d’un terrain. Joueur, entraîneur, éducateur, l’avenir le dira.

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